L'homme qui a lu sa propre nécrologie
En 1867, le chimiste suédois Alfred Nobel a inventé la DYNAMITE, un explosif sûr à manipuler qui a rendu les mines, les tunnels et la construction des chemins de fer bien plus rapides, et qui l'a enrichi. En 1888, son frère Ludvig est mort, et un journal français, confondant les deux, a publié la nécrologie d'Alfred sous le titre « Le marchand de la mort est mort ». D'après l'histoire, découvrir comment on se souviendrait de lui l'a bouleversé. À sa mort, en 1896, son testament a légué l'essentiel de sa fortune à des prix récompensant ceux qui avaient le plus fait pour l'humanité, et les prix Nobel ont été décernés pour la première fois en 1901.
Des mains de trayeuse et un mot venu des vaches
Au dix-huitième siècle, la variole tuait des centaines de milliers de personnes par an. En Angleterre, on avait remarqué que les trayeuses qui attrapaient la vaccine, une maladie bénigne des vaches, ne semblaient jamais attraper la variole. En 1796, un médecin du Gloucestershire, Edward Jenner, a testé l'idée en prélevant du pus sur une plaie de vaccine de la main d'une trayeuse, Sarah Nelmes, pour l'introduire dans le bras d'un garçon de huit ans, James Phipps. Quelques semaines plus tard, exposé à la variole, le garçon ne l'a pas attrapée. Le mot VACCIN vient du latin vacca, la vache, et c'est Louis Pasteur qui a proposé d'étendre ce nom à tous les vaccins, en hommage à Jenner ; en 1885, il a lui-même sauvé un jeune garçon, Joseph Meister, mordu par un chien enragé. Après une campagne de vaccination mondiale, la variole a été déclarée éradiquée en 1980.
La PÉNICILLINE, le premier antibiotique, a été découverte par hasard dans une boîte de laboratoire, comme le raconte notre page sur le matériel de labo.
Une horloge pour rentrer au port
Pendant des siècles, les marins n'ont pas su calculer à quelle distance ils se trouvaient vers l'est ou vers l'ouest, et des navires ont fait naufrage à cause de cela. Ils pouvaient la trouver en comparant midi en mer avec l'heure de leur port d'attache, mais seulement s'ils emportaient une HORLOGE parfaitement exacte sur un navire qui roule et prend l'humidité. En 1714, le gouvernement britannique a offert un énorme prix pour une solution. Un menuisier et horloger autodidacte du Lincolnshire, John Harrison, a passé plus de quarante ans à construire des horloges de marine. La quatrième, une grosse montre de poche terminée en 1759, n'a perdu que quelques secondes pendant un voyage vers la Jamaïque. Notre page sur la lecture de cartes explique pourquoi la longitude était si difficile à trouver.
En France, c'est une autre invention qui a raccourci les distances : le TÉLÉGRAPHE optique de Claude Chappe, une chaîne de tours à bras articulés qui, dès 1794, transmettait des messages de Lille à Paris en une heure environ.
Le premier plastique et les plus petits interrupteurs
Le premier PLASTIQUE entièrement synthétique, la bakélite, a été inventé en 1907 par Leo Baekeland, un chimiste d'origine belge installé à New York. Facile à mouler et isolant, il a servi à fabriquer téléphones, radios et interrupteurs. Mais son utilité fait aussi son problème : il dure des centaines d'années.
En 1958, l'ingénieur américain Jack Kilby a fabriqué le premier circuit intégré, en réunissant plusieurs composants électroniques sur un seul morceau de matière. Une PUCE moderne contient des milliards de minuscules interrupteurs, les transistors, sur une surface plus petite qu'un ongle, et elle fait fonctionner chaque ORDINATEUR, chaque téléphone et chaque TÉLÉVISION. Les débuts de la télévision étaient bien différents : en 1926, l'inventeur écossais John Logie Baird a montré des images animées à des scientifiques, dans une mansarde de Londres, grâce à des disques tournants. La ROUE, le PAPIER, la POUDRE et l'IMPRIMERIE sont bien plus anciens, et la poudre, inventée en Chine, résonne encore dans les pétards du Nouvel An chinois.