Des millions d'espèces, la plupart sans nom
Les scientifiques ont donné un nom à environ un million et demi d'espèces animales, et ils en décrivent quelque quinze mille nouvelles chaque année. Une étude très citée de 2011 estimait que la Terre abrite environ 8,7 millions d'espèces de plantes et d'animaux en tout, ce qui voudrait dire que la plupart des êtres vivants n'ont jamais été nommés. On découvre encore de nouveaux mammifères : en 2013, des scientifiques ont décrit l'olinguito, un petit cousin du raton laveur vivant dans les forêts de nuages des Andes. L'un d'eux avait vécu des années dans des zoos américains, pris pour un animal voisin.
Les animaux de cette grille sont les plus célèbres — le CHIEN et le CHAT, le LION, le TIGRE et l'ÉLÉPHANT —, mais ils ne représentent qu'une toute petite partie de l'ensemble. Environ 97 % des espèces animales n'ont pas de colonne vertébrale : insectes, vers, araignées, escargots, méduses et leurs cousins.
Pourquoi les scientifiques utilisent des noms latins
Les noms courants prêtent à confusion. Le rouge-gorge européen est un petit oiseau à la poitrine rousse, et le robin américain, que les Français appellent merle d'Amérique, est une grive bien plus grande qui n'a en commun avec lui que la poitrine. Là où l'anglais dit buffalo pour deux animaux différents, le français distingue le buffle d'Afrique et le bison d'Amérique. Pour s'y retrouver, chaque espèce porte aussi un nom scientifique en deux parties, en général latin ou grec, utilisé de la même façon dans toutes les langues. Le système a été mis au point au dix-huitième siècle par le savant suédois Carl von Linné, qui y a inclus les humains : il a baptisé notre espèce Homo sapiens, « homme sage », et l'a rangée parmi les animaux, à côté des grands singes.
Le TIGRE s'appelle Panthera tigris, le LOUP Canis lupus, et le chien de compagnie est en général considéré comme une sorte de loup. La première partie du nom regroupe les proches parents, si bien que le lion, Panthera leo, se retrouve dans le même groupe que le tigre.
La même forme, trouvée deux fois
Le REQUIN est un poisson et le DAUPHIN un mammifère, et pourtant ils ont la même silhouette fuselée, une nageoire sur le dos et une queue puissante, parce qu'ils ont résolu le même problème : avancer vite dans l'eau. L'évolution aboutit souvent à des solutions semblables chez des animaux sans lien de parenté, ce que les scientifiques appellent la convergence évolutive. Les chauves-souris et les oiseaux ont chacun inventé l'aile, les insectes et les reptiles volants appelés ptérosaures l'avaient fait séparément bien avant, et la taupe d'Europe et une taupe marsupiale d'Australie se ressemblent de façon frappante sans être proches parentes.
La grille mélange animaux de compagnie et animaux sauvages : le CHEVAL, le LAPIN, le HAMSTER, le PERROQUET, le POISSON rouge, la TORTUE et la SOURIS ; la GIRAFE, le ZÈBRE, le SINGE, le KANGOUROU et le CHAMEAU ; le POULPE, la BALEINE, le SERPENT, la GRENOUILLE, l'AIGLE, le HIBOU, le RENARD, l'OURS et le CERF ; et le PINGOUIN, qu'on confond souvent avec le manchot, comme l'explique notre page sur les animaux polaires. Notre page sur les écosystèmes montre comment tous dépendent les uns des autres. Certains vont mal. Environ deux espèces d'amphibiens sur cinq, comme la grenouille, sont menacées d'extinction, plus que dans tout autre groupe d'animaux à colonne vertébrale. Et l'Indice Planète Vivante du WWF, qui suit des milliers de populations sauvages, concluait en 2024 qu'elles avaient diminué en moyenne d'environ 73 % depuis 1970 — une moyenne entre populations, pas un décompte des animaux disparus, mais un signal d'alarme tout de même.