Un saule dans un pot
Dans les années 1640, un savant flamand, Jan Baptist van Helmont, a planté un petit saule dans un pot de terre soigneusement pesée, sans lui donner autre chose que de l'EAU pendant cinq ans. L'arbre a gagné environ 74 kilos, alors que la terre n'avait perdu que quelques dizaines de grammes. Il en a conclu que l'arbre était fait d'eau. Il avait en partie raison, mais il avait oublié l'air. En 1771, Joseph Priestley a découvert qu'un brin de menthe pouvait entretenir la flamme d'une bougie, et garder une souris en vie, dans un bocal fermé dont l'air était devenu irrespirable, et en 1779, un médecin néerlandais, Jan Ingenhousz, a montré que les feuilles d'une PLANTE ne le faisaient qu'à la lumière du SOLEIL.
De l'air transformé en bois
Mis bout à bout, cela donne la photosynthèse : les plantes absorbent le DIOXYDE de carbone de l'air par leurs feuilles et l'eau par leurs RACINES, et utilisent l'ÉNERGIE de la lumière pour les transformer en GLUCOSE, une sorte de SUCRE, en rejetant de l'OXYGÈNE au passage. L'essentiel d'un arbre, bois compris, est donc fait de carbone tiré de l'air ; notre page sur les forêts tropicales montre combien une forêt en stocke.
Étonnamment, l'oxygène vient de l'eau et non du dioxyde de carbone. Les scientifiques l'ont prouvé en 1941 en donnant à des plantes une eau fabriquée avec une sorte rare d'atome d'oxygène, facile à suivre, et en retrouvant cette même sorte d'oxygène dans le gaz qu'elles rejetaient.
Pourquoi les feuilles sont vertes, et pourquoi elles changent
Le PIGMENT VERT de chaque FEUILLE est la chlorophylle, un nom donné en 1817 par deux pharmaciens français, Joseph Pelletier et Joseph Caventou, d'après les mots grecs pour « vert » et « feuille ». Logée dans de minuscules parties des CELLULES, elle absorbe la lumière rouge et bleue pour son énergie et renvoie le vert, si bien que la plupart des plantes nous paraissent vertes. Les feuilles contiennent aussi des pigments jaunes et orange, cachés sous tout ce vert la plus grande partie de l'année.
En automne, les arbres à feuilles caduques cessent de fabriquer de la chlorophylle et commencent à démonter celle qu'ils ont, pour récupérer les parties utiles avant la chute des feuilles. Quand le vert s'efface, les jaunes et les orangés apparaissent. Les rouges et les violets, eux, sont différents : certains arbres les fabriquent tout exprès en automne, surtout après des journées ensoleillées et des nuits froides, si bien que certains automnes sont bien plus colorés que d'autres.
Tuyaux, pores et réserves
Une plante est pleine de tuyauterie. Les tubes du XYLÈME font monter l'eau et les minéraux depuis les racines à travers la TIGE, et ceux du PHLOÈME transportent le sucre fabriqué dans les feuilles vers toutes les autres parties, racines comprises. Les NERVURES qu'on voit sur une feuille sont des faisceaux des deux. De minuscules pores sous les feuilles, les STOMATES, s'ouvrent pour laisser entrer le dioxyde de carbone et sortir l'oxygène, et se ferment par les jours chauds pour économiser l'eau.
Les plantes transforment le glucose en trop en AMIDON pour le stocker, dans les pommes de terre, le riz, le blé et les graines de bien d'autres plantes, et c'est cette lumière du soleil mise en réserve que nous mangeons ; notre page sur les légumes raconte l'histoire de la pomme de terre. Le PROCESSUS n'est pas très efficace, puisqu'il ne transforme que quelques pour cent de la lumière reçue par une feuille, et pourtant il nourrit presque tous les êtres vivants et a mis dans l'air presque tout l'oxygène que nous respirons. Les feuilles savent ABSORBER la lumière et PRODUIRE de la nourriture à une échelle que rien d'autre n'égale.