Des yeux de chien battu, sélectionnés par l'homme
Tous les chiens descendent du loup, et ils vivaient déjà aux côtés des humains il y a au moins 15 000 ans, bien avant l'invention de l'agriculture. Depuis, ils ont changé d'une façon qui se lit sur leur visage. En 2019, une étude a montré que les chiens possèdent au-dessus de chaque œil un petit muscle qui leur permet de relever l'intérieur du sourcil : les yeux paraissent alors plus grands et plus tristes. Chez le loup, ce muscle est presque absent.
Et nous fondons devant ce regard. Dans les refuges, les chiens qui haussaient le plus souvent les sourcils étaient adoptés plus vite. Les chercheurs pensent que ce muscle s'est développé parce que les humains gardaient et nourrissaient les chiens capables de faire cette tête-là. Autrement dit, la bouille de CHIOT qui vous arrache une CROQUETTE a été, d'une certaine façon, sélectionnée par des gens incapables d'y résister.
Une truffe qui lit le monde
L'odorat d'un chien est des milliers de fois plus fin que le nôtre, et une grande partie de son cerveau sert à trier les odeurs. Un chien sait isoler une seule odeur dans un mélange, suivre une piste vieille de plusieurs jours et même détecter certaines maladies dans l'haleine d'une personne. Le BEAGLE a l'un des meilleurs nez qui soient : dans les aéroports, on l'emploie pour renifler les bagages à la recherche d'aliments interdits. Notre page sur les cinq sens compare l'odorat aux autres sens.
La TRUFFE humide d'un chien est couverte de sillons et de petites bosses, et ce motif serait différent pour chaque chien, un peu comme une empreinte digitale. Renifler, c'est sa façon de lire le journal : un réverbère sur la promenade quotidienne porte des messages sur tous les chiens passés par là, et il y colle volontiers le MUSEAU.
Des races récentes pour des métiers très anciens
On sélectionne les chiens pour des métiers depuis des milliers d'années — garder les troupeaux, surveiller la maison, chasser, tirer des traîneaux —, mais la plupart des races dotées d'un nom et de règles précises sur leur apparence ont été fixées au dix-neuvième siècle, après la fondation du Kennel Club à Londres en 1873. Avant cela, on décrivait généralement un chien par ce qu'il faisait plutôt que par son allure.
Les noms trahissent encore les métiers. Le retriever, comme le LABRADOR, rapporte le gibier au chasseur, le pointer s'immobilise pour le désigner, le TERRIER, dont le nom vient de « terre », a été élevé pour creuser jusqu'aux animaux cachés sous le sol, et le TECKEL, que les Allemands appellent Dachshund, « chien à blaireau », a des pattes courtes faites pour descendre dans les terriers. Le HUSKY tire les traîneaux, le CORGI rassemble le bétail en lui mordillant les talons, le ROTTWEILER monte la garde, et le BERGER et le COLLEY surveillent les moutons.
Un chiot DALMATIEN naît tout blanc, et ses taches n'apparaissent qu'au bout de quelques semaines. Le LÉVRIER est le plus rapide des chiens : le greyhound atteint environ 70 kilomètres à l'heure au sprint, et le whippet en est une version plus petite, élevée pour la course. Le CHIHUAHUA est la plus petite race, et le minuscule CARLIN faisait le bonheur des empereurs chinois bien avant d'arriver en Europe.
Le reste de la grille, c'est la vie de tous les jours : l'OS, la LAISSE, le COLLIER, la NICHE, la QUEUE qui remue, la PATTE qu'on donne pour dire bonjour, et l'envie irrésistible d'ABOYER au facteur. On y croise aussi le CANICHE, le BOULEDOGUE, le BOXER et l'ÉPAGNEUL.