Un pari tranché par un appareil photo
Pendant des siècles, on s'est disputé pour savoir si les quatre sabots d'un cheval quittent le sol en même temps au GALOP. Tout va trop vite pour l'œil, et les peintres représentaient en général les chevaux les jambes tendues vers l'avant et vers l'arrière, comme un cheval à bascule.
En 1878, le photographe Eadweard Muybridge, qui travaillait pour l'homme d'affaires américain Leland Stanford, a aligné une rangée d'appareils le long d'une piste, chacun déclenché au passage du cheval. Les images ont montré qu'à un moment les quatre sabots sont bien en l'air — mais les jambes repliées sous le corps, pas tendues. Tous les tableaux avaient tort. Cette série de photos compte aussi parmi les premiers pas vers le cinéma, que les frères Lumière présenteront au public à Paris en 1895.
Des mains ou des centimètres
En France, on mesure un cheval en centimètres, du sol au sommet des épaules, qu'on appelle le garrot. Les Britanniques comptent encore en « mains », une vieille unité de quatre pouces, soit un peu plus de dix centimètres. Un animal de moins d'environ 1,48 mètre au garrot est en général classé PONEY, même si les poneys forment aussi un type à part, plus trapu et plus robuste qu'un cheval de même taille.
À l'autre bout se trouvent les grands chevaux de trait, le SHIRE et le CLYDESDALE, élevés pour tirer les charrues et les charrettes des brasseurs. Les shires comptent parmi les plus grands chevaux du monde, et certains dépassent 1,80 mètre au garrot ; la France a aussi les siens, comme le percheron, venu de la région du Perche. Le pur-sang ARABE est l'une des plus anciennes races, et il a le plus souvent une paire de côtes de moins que les autres chevaux.
Dormir debout
Les chevaux peuvent somnoler debout. Un système de ligaments dans leurs jambes bloque les articulations, si bien que l'animal se détend sans tomber — bien pratique pour une proie qui doit pouvoir s'enfuir à tout moment. Mais ils n'atteignent pas ainsi le sommeil profond, celui des rêves. Pour cela, ils doivent se coucher, en général peu de temps, et souvent pendant qu'un autre membre du troupeau reste debout pour faire le guet.
Les allures naturelles vont du pas au TROT, puis au galop. Le mot anglais CANTER, qui désigne le galop tranquille outre-Manche, sert sur les hippodromes français pour le petit galop d'échauffement avant le départ. Un cheval s'exprime avec ses oreilles, sa queue et sa voix, car il sait HENNIR, souffler et s'ébrouer. Le SABOT est en réalité un seul gros doigt, recouvert de la même matière que nos ongles ; notre page sur le squelette permet de comparer avec nos propres os. Les chevaux ne respirent que par le nez, jamais par la bouche, et ils ont parmi les plus grands yeux de tous les mammifères terrestres, placés sur les côtés de la tête pour voir presque tout autour d'eux.
Des chevaux sauvages pas tout à fait sauvages
Le MUSTANG de l'Ouest américain n'est pas vraiment sauvage : c'est un cheval dit « marron », retourné à l'état sauvage. Les mustangs descendent de chevaux amenés par les colons espagnols à partir du seizième siècle, qui se sont échappés ou ont été relâchés. Un BRONCO est un cheval non dressé ou qui rue, d'un mot espagnol qui veut dire « rude ».
Les robes ont leurs propres noms. Un PALOMINO est doré, avec la CRINIÈRE et la queue claires, un PINTO porte de grandes taches blanches sur une autre couleur, et un APPALOOSA est tacheté. L'ÉTALON est le mâle adulte, le HONGRE un mâle castré et la JUMENT la femelle. Côté équipement et logement, il ne manque que la SELLE, la BRIDE, les RÊNES et l'ÉCURIE.