Un paresseux qui fait pousser son camouflage
Le PARESSEUX porte bien son nom français : il se déplace si lentement que des algues poussent dans sa fourrure, qui prend une teinte verdâtre et l'aide à disparaître parmi les feuilles ; des papillons de nuit et des coléoptères y vivent aussi. Il mange des feuilles qui apportent très peu d'énergie, et un seul repas peut mettre des semaines à être digéré. Environ une fois par semaine, il descend au sol pour faire ses besoins, le moment le plus dangereux de sa vie, car c'est là que les prédateurs peuvent l'atteindre.
Le TAPIR, avec sa courte trompe pour attraper les feuilles, ressemble à un cochon mais il est apparenté au cheval et au rhinocéros. Le CAPYBARA d'Amérique du Sud est le plus gros rongeur du monde, un animal tranquille et à moitié aquatique de la taille d'un grand chien. Le TAMANOIR, le grand fourmilier, n'a aucune dent et possède une langue collante d'environ soixante centimètres, qu'il sort et rentre des dizaines de fois par minute.
Un poison venu du menu
Les dendrobates d'Amérique centrale et du Sud, de petites grenouilles aux couleurs vives, affichent ainsi un avertissement, et certaines portent assez de poison pour tuer. Elles ne le fabriquent pas elles-mêmes : elles l'accumulent à partir des fourmis, des acariens et des autres minuscules insectes qu'elles mangent. Une GRENOUILLE de ce genre élevée au zoo, nourrie de grillons et de mouches à fruits, est donc inoffensive.
Le PIRANHA doit sa terrible réputation en grande partie à la visite au Brésil, en 1913, de l'ancien président américain Theodore Roosevelt : les habitants avaient organisé une démonstration en affamant des poissons avant de jeter une vache dans l'eau. La plupart des piranhas mangent des restes, mais aussi des graines et des fruits, et les gens se baignent tout le temps dans les rivières où ils vivent.
Des yeux aussi gros que le cerveau
Le TARSIER d'Asie du Sud-Est est un petit primate dont chaque œil est à peu près aussi gros que son cerveau. Il ne peut pas les faire bouger dans leurs orbites, alors il tourne la tête presque complètement, comme un hibou. L'ORANG-OUTAN, dont le nom vient de mots malais signifiant « homme de la forêt », se construit chaque soir un nouveau nid de branches tout en haut des arbres.
L'énorme bec coloré du TOUCAN est léger et rempli de poches d'air, et en 2009 des scientifiques ont découvert qu'il fonctionne comme un radiateur : l'oiseau y envoie davantage de sang pour évacuer la chaleur quand il fait chaud. Le CASOAR d'Australie et de Nouvelle-Guinée est un grand oiseau qui ne vole pas, coiffé d'un casque osseux et armé à chaque pied d'une griffe en forme de poignard : mieux vaut le laisser tranquille.
Inconnu des scientifiques jusqu'en 1901
L'OKAPI, un animal des forêts d'Afrique centrale au corps sombre et aux pattes rayées, n'a été décrit par les scientifiques européens qu'en 1901, alors que les habitants de la région l'avaient toujours connu. On dirait un croisement entre un zèbre et un cheval, mais c'est le seul parent vivant de la girafe, et il se nettoie les oreilles avec sa longue langue.
La grille couvre aussi la canopée et le sol : le JAGUAR, le GORILLE et le CHIMPANZÉ, le LÉMURIEN de Madagascar, le MANDRILL aux couleurs vives, le SINGE, l'ARA et le PERROQUET, le COATI, le TATOU et le KINKAJOU, un cousin du raton laveur qui se suspend par la queue. Notre page sur les forêts tropicales présente les forêts elles-mêmes.