Un tribunal a ordonné la destruction de Nosferatu
NOSFERATU, tourné en Allemagne en 1922, était une version non autorisée du roman Dracula de Bram Stoker, aux noms changés. Les producteurs n'avaient pas payé les droits, et la veuve de Stoker les a poursuivis en justice. Le juge a ordonné la destruction de toutes les copies du film. Quelques-unes ont survécu à l'étranger, et il compte aujourd'hui parmi les films les plus importants de l'histoire du cinéma.
Son vampire, le comte Orlok, ne ressemble en rien au séduisant Dracula des films suivants : chauve, l'air d'un rat, avec de longs doigts et des dents pointues.
Un masque bon marché et deux notes de contrebasse
HALLOWEEN, sorti en 1978, a été tourné vite et pour pas cher ; son titre vient de la fête présentée sur notre page Halloween. Le visage de son tueur masqué était un masque acheté dans le commerce, celui du capitaine James T. Kirk de Star Trek, aux trous des yeux agrandis et peint en blanc à la bombe, ce qui le rendait vide et inquiétant. Le film a rapporté bien plus qu'il n'avait coûté et a lancé une vague d'imitations. John Carpenter, son réalisateur, en a lui-même composé la musique au synthétiseur, un motif de piano tout simple sur un rythme inhabituel à cinq temps qui ne se pose jamais ; il a raconté qu'un premier spectateur venu d'un studio n'avait pas eu peur du tout avant qu'on ajoute la musique.
Le cinéma d'horreur sait faire beaucoup avec peu. ALIEN, en 1979, laissait sa créature presque toujours dans l'ombre, ce qui la rendait plus effrayante, et Les DENTS de la mer utilisait un requin mécanique qui tombait sans cesse en panne, si bien que le réalisateur l'a montré bien moins que prévu. Le film reste célèbre pour deux notes de contrebasse jouées de plus en plus vite à mesure que le requin approche ; notre page sur Les Dents de la mer raconte le reste. Coupez le son, et beaucoup de scènes effrayantes ne marchent plus : bruits soudains, longs silences et grondements très graves qu'on ressent plus qu'on ne les entend font l'essentiel de la peur.
Des films qui ont changé les interdictions
En 1984, deux films destinés au public familial, GREMLINS et Indiana Jones et le Temple maudit, ont choqué les parents avec des scènes bien plus effrayantes que prévu. En réponse, l'organisme américain de classification a créé une nouvelle catégorie, PG-13, entre PG et R. En France, c'est une commission rattachée au ministère de la Culture qui propose les restrictions, avec des films déconseillés ou interdits aux moins de 12, 16 ou 18 ans.
Car c'est tout l'intérêt de ces restrictions : beaucoup des films de cette grille sont faits pour les adultes et les grands adolescents, pas pour les enfants. Les mots mêlés n'utilisent que les titres, mais les films eux-mêmes attendront l'âge indiqué.
Pourquoi on aime avoir peur
Les psychologues pensent qu'une bonne frayeur peut être agréable quand le cerveau sait qu'il est en sécurité. Le cœur s'emballe et le corps réagit comme face à un danger, mais assis dans un cinéma ou sur un canapé, la peur arrive sans risque réel, et le soulagement qui suit fait du bien. Beaucoup de gens regardent ces films entre amis, en partie pour les sursauts et les éclats de rire partagés.
La grille abrite d'autres titres d'un siècle d'horreur : PSYCHOSE, SCREAM, CARRIE, SAW, HÉRÉDITÉ, INSIDIOUS, CONJURING, ANNABELLE, SINISTER, CANDYMAN, CHUCKY, BABADOOK, MIDSOMMAR, HELLRAISER, SUSPIRIA, NOPE et VENDREDI 13.