Un western dans l'espace
Gene Roddenberry, ancien pilote de bombardier devenu policier, a présenté Star Trek en 1964 comme un western dans l'espace, une caravane de pionniers en route vers les étoiles. La chaîne a refusé son premier épisode pilote, le jugeant trop intellectuel pour le public, puis a fait une chose presque inédite : elle a payé un second pilote. La série a commencé en 1966 avec le capitaine KIRK, l'officier scientifique à moitié vulcain SPOCK et le médecin du bord, Leonard McCoy, surnommé BONES, à bord du vaisseau ENTERPRISE. En France, son générique s'ouvre sur une phrase restée célèbre : « Espace, frontière de l'infini ».
Les audiences n'ont jamais été fortes, et après la deuxième saison la chaîne voulait l'arrêter. Les fans ont organisé une énorme campagne de lettres, et la série a obtenu une troisième saison avant de s'arrêter en 1969. Les rediffusions ont ensuite fait un triomphe, et Star Trek est revenue en dessin animé, dans une série de films à partir de 1979 et dans de nouvelles séries à partir de 1987, avec le capitaine PICARD. Notre page sur la science-fiction présente les séries qui l'ont suivie.
Se téléporter pour faire des économies
Le téléporteur, qui permet à l'équipage de passer du vaisseau à la surface d'une planète dans un scintillement de lumière, était en partie une économie : filmer l'atterrissage d'un vaisseau chaque semaine aurait coûté bien plus que ce que la série pouvait se permettre. La réplique culte « Beam me up, Scotty » n'a jamais été prononcée exactement sous cette forme, et en version française l'ordre donné à SCOTTY est devenu « ÉNERGIE ! ». La vitesse de DISTORSION relevait de la pure imagination, mais en 1994 un physicien, Miguel Alcubierre, a trouvé comment elle pourrait être possible en théorie, en étirant l'espace lui-même, même si personne ne sait construire un tel moteur.
En 1976, après une avalanche de lettres de fans à la Maison-Blanche, la première navette spatiale américaine, un engin d'essai qui n'est jamais allé en orbite, a été baptisée Enterprise. Notre page sur l'espace présente les vraies missions.
Un salut venu d'une synagogue et une langue à part entière
Le célèbre salut VULCAIN de Spock, une main levée aux doigts séparés en deux paires, a été inventé par l'acteur Leonard Nimoy. Il s'est inspiré d'un geste qu'il avait vu enfant dans sa synagogue de Boston, quand les prêtres bénissaient l'assemblée, les mains formant la lettre hébraïque shin.
Les belliqueux KLINGON parlent une vraie langue, inventée pour les films dans les années 1980 par un linguiste, Marc Okrand, avec sa propre grammaire et des milliers de mots. WORF, joué par Michael Dorn, est devenu le premier officier klingon de STARFLEET.
Uhura, les tribules et le reste de l'équipage
Nichelle Nichols jouait l'officier des communications UHURA, l'une des premières femmes noires à tenir un grand rôle à la télévision américaine. Alors qu'elle pensait partir après la première saison, elle a rencontré Martin Luther King, qui lui a dit à quel point ce rôle comptait pour des millions de téléspectateurs et l'a encouragée à rester. Elle est restée, et elle a plus tard aidé l'agence spatiale américaine à recruter comme astronautes des femmes et des personnes issues des minorités.
Dans un épisode de 1967, un marchand vend à l'équipage une TRIBULE, une petite boule de poils qui ronronne et se reproduit si vite que le vaisseau finit par en être envahi. SULU, le timonier, était joué par George Takei, et le PHASEUR, qu'on peut régler pour étourdir, est devenu l'arme standard de l'équipage.
La pacifique FÉDÉRATION des planètes se méfie pendant des décennies du mystérieux empire ROMULIEN, et les séries suivantes ont ajouté l'androïde DATA, qui rêve de devenir humain, le HOLODECK, une salle capable de recréer n'importe quel lieu ou n'importe quelle époque, et les BORG, des êtres mi-humains mi-machines qui avalent des civilisations entières.