Une série qui a failli ne pas exister
Seinfeld a été créée par l'humoriste Jerry Seinfeld, un COMIQUE de stand-up, et le scénariste Larry David. Quand le premier épisode, intitulé The Seinfeld Chronicles, a été testé auprès du public en 1989, il a obtenu de très mauvais résultats, et la chaîne n'a commandé que quatre épisodes de plus, l'une des plus petites commandes jamais passées pour une sitcom américaine. Bien que la série se déroule à New York, elle était tournée à Los Angeles, et Larry David est parti après la septième saison, pour ne revenir qu'écrire le final. Elle a survécu, a peu à peu trouvé son public et a duré jusqu'en 1998, devenue entre-temps l'une des séries les plus populaires du pays. Jerry Seinfeld a choisi de l'arrêter au sommet, en refusant, dit-on, environ cinq millions de dollars par épisode pour une dixième saison. Les premiers épisodes s'ouvraient et se fermaient sur Jerry en SCÈNE dans un club.
On l'appelle souvent la série sur RIEN. L'expression vient d'un épisode où JERRY et GEORGE présentent un projet de sitcom à une chaîne et le décrivent comme une série sur rien, ce qui correspond à peu près à Seinfeld : quatre amis à MANHATTAN qui se disputent pour de petites choses du quotidien.
De vraies personnes derrière les personnages
COSTANZA, le George anxieux et magouilleur, s'inspirait surtout de Larry David lui-même, qui s'est ensuite mis en scène dans sa propre série, Larry et son nombril. KRAMER, le VOISIN aux cheveux en bataille qui déboule sans frapper, s'inspirait du vrai voisin de David, Kenny Kramer, qui a ensuite organisé une visite de New York en bus. Le célèbre marchand de soupe qui criait « pas de SOUPE pour toi ! » aux clients qui enfreignaient ses règles s'inspirait d'un vrai vendeur de soupe new-yorkais ; notre page sur la soupe présente des recettes plus accueillantes. ELAINE BENES, l'ex de Jerry, complète la bande, et NEWMAN, le facteur, est l'ennemi juré de Jerry, salué chaque fois d'un glacial « Bonjour, Newman ».
Le DINER où se retrouvent les amis était filmé de l'extérieur au Tom's Restaurant de New York, le café qui a inspiré à Suzanne Vega sa chanson Tom's Diner, en 1987.
Festivus pour tous
Dans un épisode de Noël, le père de George explique qu'il a inventé sa propre fête, FESTIVUS, célébrée le 23 décembre avec un simple poteau d'aluminium au lieu d'un sapin, un moment où chacun déballe ses griefs contre les autres, et des épreuves de force. C'était une vraie tradition familiale : l'un des scénaristes, Dan O'Keefe, avait grandi avec un Festivus inventé par son père en 1966. Des milliers de gens la fêtent aujourd'hui chaque année, et certains ont planté des poteaux de Festivus dans des lieux publics à côté des sapins de Noël.
Des mots entrés dans la langue
Plusieurs expressions de la série sont passées dans l'anglais de tous les jours. Offrir à quelqu'un un CADEAU qu'on a soi-même reçu s'appelle regift, et dire YADA yada, c'est sauter la partie importante d'une histoire. L'ÉPONGE, VANDELAY Industries, une entreprise imaginaire inventée par George, BABU, le restaurateur, David PUDDY, le petit ami d'Elaine, et le BRETZEL sont devenus des blagues célèbres. Le prénom de Kramer, Cosmo, est resté secret jusqu'à la sixième saison. En 2019, les droits de diffusion en streaming de tous les épisodes ont été vendus plus de cinq cents millions de dollars, et le dernier épisode, en mai 1998, avait réuni environ soixante-seize millions d'Américains. Notre page sur les sitcoms présente les séries qui l'ont précédée et suivie.