L'un des plus vieux sports du monde
La lutte apparaît sur des peintures de tombeaux égyptiens vieilles de plus de 4 000 ans, qui montrent des paires de lutteurs dans des dizaines de PRISES différentes, presque comme un manuel d'entraînement. Aux Jeux olympiques antiques, elle a été ajoutée en 708 avant notre ère, quelques décennies après des débuts limités à une seule course à pied. Le plus célèbre LUTTEUR de l'Antiquité, Milon de Crotone, a remporté six titres olympiques, et la légende dit qu'il se musclait en portant chaque jour un veau sur ses épaules, jusqu'à ce que le veau devienne taureau. Notre page sur les Jeux olympiques raconte comment Coubertin les a fait renaître.
La lutte gréco-romaine vient de France
Aujourd'hui, les Jeux comptent deux styles. En lutte GRÉCO, ou gréco-romaine, les lutteurs ne peuvent attaquer qu'au-dessus de la taille et n'ont pas le droit de se servir des jambes pour faucher, si bien que ce style est plein de grands soulevés et de PROJECTIONS. Malgré son nom, il a été mis au point en France au dix-neuvième siècle, où on l'appelait d'ailleurs lutte française, avant de recevoir un nom antique pour le relier aux Jeux d'autrefois. En lutte LIBRE, née d'un style britannique et américain appelé catch-as-catch-can, les lutteurs peuvent saisir les jambes et s'en servir pour réussir un AMENÉ au sol.
Un COMBAT dure deux périodes de trois minutes. On marque des points pour un amené, pour tourner l'adversaire vers le TAPIS, pour s'ÉCHAPPER, ou quand le lutteur du dessous RENVERSE la situation et se retrouve au-dessus. Le TOMBÉ met fin au combat d'un coup : les deux ÉPAULES de l'adversaire maintenues à plat sur le tapis. Les lutteurs portent un MAILLOT près du corps pour n'offrir aucune SAISIE à l'autre, et la lutte libre féminine est entrée aux Jeux en 2004.
Cercles de sciure et danse de l'aigle
Beaucoup de régions gardent leurs propres styles. En Cumbrie, dans le nord de l'Angleterre, des lutteurs en costume brodé commencent poitrine contre poitrine, bras noués autour de l'autre, et le premier qui touche le sol avec autre chose que les pieds a perdu. En Suisse, des lutteurs en culotte de toile s'empoignent dans un cercle de sciure, et le vainqueur de la plus grande fête reçoit traditionnellement un taureau vivant. En Bretagne, le gouren se pratique en s'agrippant par la chemise.
En Mongolie, la lutte est l'un des trois jeux virils de la fête d'été du Naadam, avec le tir à l'arc et la course de chevaux, même si les femmes participent désormais aux deux autres. Il n'y a ni catégories de poids ni limite de temps, et le vainqueur agite lentement les bras dans une danse de l'aigle. Les lutteurs portent une petite veste ouverte sur le devant, et une histoire populaire raconte que c'est parce qu'une femme déguisée s'était un jour inscrite et avait battu tout le monde. Au Sénégal, une lutte appelée laamb rivalise avec le football pour attirer les foules, et ses vedettes comptent parmi les personnes les plus célèbres du pays.
Le catch à la télévision
La lutte professionnelle télévisée, que le français appelle catch, est autre chose : les vainqueurs sont décidés à l'avance, et les matchs sont des spectacles préparés, plus proches de numéros de cascadeurs. Les catcheurs restent de vrais athlètes, qui s'entraînent des années pour poser une CLÉ ou une CRAVATE de façon convaincante et pour chuter sans danger quand on vient les PLAQUER au sol ou leur porter une SOUPLESSE, sans se blesser ni blesser l'autre. Le tombé est compté jusqu'à trois par l'ARBITRE qui frappe le tapis, et un CLINCH est souvent l'occasion de reprendre son souffle et de préparer la suite.
À l'école comme à l'université, la lutte reste un sport où l'on apprend à AGRIPPER, à projeter et à tenir, et où chaque TOURNOI se décide sur le tapis.