Une course inventée pour vendre des journaux
Le Tour de France est né en 1903 d'un coup de publicité. Un journal sportif français, L'Auto, se battait contre un concurrent pour gagner des lecteurs, et l'un de ses journalistes a proposé une course cycliste faisant tout le TOUR du pays, racontée jour après jour. Le premier Tour ne comptait que six étapes, dont certaines de plus de 400 kilomètres, et les coureurs pédalaient une partie de la nuit. Soixante coureurs sont partis, et vingt et un seulement ont atteint l'arrivée à Paris.
Aujourd'hui, la Grande Boucle dure trois semaines et couvre environ 3 500 kilomètres, chaque étape étant une course à part entière. Les étapes de plaine se terminent souvent par un SPRINT massif, celles de MONTAGNE se jouent dans les longues MONTÉES des Alpes et des Pyrénées, et dans le contre-la-montre, chaque coureur roule seul face au chrono ; notre page sur les montagnes présente ces massifs. Le dernier Français à avoir gagné le Tour est Bernard Hinault, en 1985, pour sa cinquième victoire.
Pourquoi le maillot du leader est jaune
Depuis 1919, le leader du Tour porte un MAILLOT jaune, pour que les spectateurs au bord de la route puissent le repérer dans la foule. Il est jaune parce que L'Auto était imprimé sur du papier jaune, et le premier à le porter a été un Français, Eugène Christophe.
Christophe est aussi resté célèbre pour le Tour 1913, quand la fourche de son vélo s'est brisée dans une descente de col. Le règlement obligeait les coureurs à réparer eux-mêmes leur machine : il a marché environ quatorze kilomètres jusqu'à la forge d'un village et l'a réparée lui-même. Il a pourtant reçu une pénalité, parce qu'un garçon avait actionné le soufflet pour lui. D'autres maillots sont venus plus tard : vert pour le classement par points, blanc pour le meilleur jeune, et blanc à pois rouges pour le meilleur grimpeur.
Rouler dans le peloton
Un coureur abrité derrière un autre dépense bien moins d'énergie, parce que celui de devant fend l'air : c'est rouler dans le SILLAGE, et c'est pourquoi les coureurs se regroupent en un grand groupe, le PELOTON, et pourquoi une ÉCHAPPÉE de quelques coureurs à l'avant doit fournir autant d'efforts.
Chaque équipe a un leader et des équipiers, que l'anglais appelle d'ailleurs domestiques, un mot emprunté au français, et qu'on surnomme ici les porteurs d'eau. Un équipier protège son leader du vent, va chercher un BIDON à la voiture de l'équipe et lui donne même sa ROUE après une crevaison. Près de l'arrivée, les coéquipiers se placent devant leur sprinteur et s'écartent un à un pour lancer l'attaque finale vers la ligne.
Sur la piste et sur la route
Un VÉLODROME est une piste ovale aux virages très relevés, et les vélos de piste n'ont qu'un seul pignon fixe et pas le moindre frein. L'un des défis les plus durs du cyclisme est le record de l'heure : parcourir la plus grande distance possible en soixante minutes. Eddy Merckx a couvert 49,431 kilomètres à Mexico en 1972, où l'air raréfié de l'altitude freine moins, et en 2022, l'Italien Filippo Ganna a roulé 56,792 kilomètres.
Sur la route comme sur la piste, les coureurs pensent à leur CADENCE, le nombre de tours de PÉDALE par minute ; les professionnels tournent souvent autour de quatre-vingt-dix. Le tissu élastique de leur tenue, le LYCRA, a été inventé par un chimiste en 1958, et le CASQUE est obligatoire en course professionnelle depuis 2003. Les vieilles photos montrent des coureurs avec des boyaux de rechange en huit autour des épaules, car ils devaient réparer eux-mêmes chaque PNEU crevé.
La SELLE, le GUIDON, les RAYONS, la CHAÎNE, les FREINS et les VITESSES forment une petite merveille de mécanique, que présente notre page sur les machines simples ; les premières pédales ont d'ailleurs été fixées sur la roue avant d'un vélocipède par le Parisien Pierre Michaux, dans les années 1860.