Grimper pour le plaisir d'atteindre le sommet
Pendant la plus grande partie de l'histoire, on ne gravissait les montagnes que pour les traverser. Tout a changé en 1786, quand un chasseur, Jacques Balmat, et un médecin, Michel-Gabriel Paccard, ont réussi la première ASCENSION du mont Blanc, le plus haut sommet des Alpes. Un prix avait été promis à qui atteindrait le SOMMET, et leur exploit passe souvent pour le début de l'alpinisme comme sport ; notre page sur les montagnes raconte leur histoire. Les alpinistes ont ensuite fixé des CRAMPONS, des cadres de pointes métalliques, sous leurs chaussures pour mordre la glace.
Le MOUSQUETON, l'anneau de métal à doigt à ressort, doit son nom à un petit fusil, le mousqueton, que les soldats accrochaient à leur ceinture par un crochet semblable. Descendre en RAPPEL, c'est glisser le long d'une CORDE, et le CRUX est le passage le plus dur d'une voie, du latin pour croix, au sens d'énigme. Une LONGUEUR est une longueur de corde sur une grande VOIE, qui se termine sur une VIRE ou à un RELAIS où les grimpeurs se regroupent, et l'ASSURAGE consiste à tenir la corde d'un grimpeur, attachée à son BAUDRIER, pour arrêter une chute. Un BLOQUEUR serre la corde : on peut le faire glisser vers le haut, mais pas vers le bas.
Magnésie, blocs et murs d'escalade
Grimper en BLOC, c'est enchaîner des passages courts et difficiles sur un gros ROCHER ou un mur bas, sans corde, avec d'épais tapis pour se réceptionner. La forêt de Fontainebleau, près de Paris, est l'un des hauts lieux mondiaux du bloc : on grimpe sur ses rochers de grès depuis la fin du dix-neuvième siècle. Un grimpeur et mathématicien américain, John Gill, ancien gymnaste, a commencé dans les années 1950 à utiliser la MAGNÉSIE des gymnastes pour sécher ses mains, et presque chaque GRIMPEUR porte aujourd'hui un sac à magnésie.
Le premier mur d'escalade construit exprès est souvent attribué à l'université de Leeds, en 1964, avec des briques scellées dans le mur d'un couloir. Aujourd'hui, la plupart des grimpeurs apprennent en salle, sur des murs couverts de PRISES en plastique colorées, avant de toucher un vrai rocher ou une FALAISE. Un SURPLOMB, où la paroi penche au-delà de la verticale, demande des bras solides, tandis qu'un bon APPUI pour les pieds soulage les bras.
Des cotations et une course vers le haut
En escalade libre, la corde ne sert qu'à arrêter une chute : le grimpeur progresse avec ses mains et ses pieds sur la roche. En escalade artificielle, il se hisse sur du matériel placé dans la roche. Les voies sont cotées selon leur difficulté : la France utilise des chiffres et des lettres, comme 6a, une échelle reprise dans une grande partie du monde, alors que la Grande-Bretagne garde une série de mots qui avaient un sens il y a un siècle, de Moderate à Extremely Severe, où Very Difficult est aujourd'hui l'une des cotes les plus faciles, tant les grimpeurs ont progressé.
L'escalade a fait ses débuts olympiques aux Jeux de Tokyo, disputés en 2021, avec trois épreuves : le bloc, la difficulté, où il faut monter le plus haut possible sur une longue voie d'une seule traite, et la vitesse. En vitesse, les grimpeurs s'affrontent côte à côte sur un mur de quinze mètres dont les prises sont exactement les mêmes partout dans le monde, pour qu'on puisse comparer les records ; les meilleurs hommes atteignent le sommet en moins de cinq secondes.