Les skis sont plus vieux que l'écriture
On skiait bien avant que ce soit un sport. Des morceaux d'un ski en bois retrouvés dans une tourbière du nord de la Russie ont environ 8 000 ans, et une gravure rupestre de l'île norvégienne de Rødøy, vieille de plusieurs milliers d'années, montre un personnage sur de longs skis. Pendant la plus grande partie de l'histoire, les skis servaient à se déplacer l'hiver : chasser, porter des messages et avancer dans la NEIGE profonde.
La Norvège a donné au ski une bonne partie de son vocabulaire : SLALOM vient du norvégien et désigne une piste en pente, et le virage télémark porte le nom d'une région norvégienne. D'autres mots viennent des Alpes : SCHUSS est un mot allemand qui veut dire tir, et désigne une descente tout droit à pleine vitesse. Le français, lui, a donné au monde la PISTE et l'après-ski, ce moment de détente qui vient APRÈS une journée sur les PENTES.
Comment tournent les skis
Jusqu'aux années 1990, la plupart des skis étaient longs et droits, et tourner voulait dire les faire déraper. Les skis modernes sont plus larges à la spatule et au talon qu'au milieu. Quand un skieur les incline sur leurs CARRES, ils se cintrent et découpent un arc net au lieu de déraper : c'est le CARVING, qui a rendu les virages bien plus faciles à apprendre.
Les débutants commencent par le chasse-neige, les spatules rapprochées en triangle pour freiner. Les FIXATIONS retiennent les chaussures sur les skis, mais sont conçues pour s'ouvrir lors d'une mauvaise chute ; avant que les fixations de sécurité se répandent, dans les années 1950 et 1960, les jambes cassées faisaient presque partie des vacances au ski.
Un télésiège pour les bananes
Autrefois, les skieurs montaient à pied chaque pente avant de la descendre. Le premier TÉLÉSIÈGE a été construit en 1936 à Sun Valley, dans l'Idaho, pour une compagnie de chemin de fer qui venait d'ouvrir la STATION. Un ingénieur, James Curran, s'est inspiré d'un appareil qu'il avait construit pour charger des régimes de bananes sur des navires, en remplaçant les crochets par des sièges. Ces premiers sièges ne portaient qu'un skieur à la fois, sans barre de sécurité.
Les grandes stations ont aujourd'hui des TÉLÉCABINES fermées en plus des télésièges, et certaines remontées grimpent de plus de mille mètres. Notre page sur les montagnes présente les massifs où se trouvent les plus grandes.
Le ski à la française
La France compte parmi les grands pays du ski. Les Trois Vallées, en Savoie, forment le plus grand domaine skiable relié du monde, et les enfants qui apprennent avec l'École du ski français passent leur ourson, leur flocon puis leurs étoiles. Aux Jeux de Grenoble, en 1968, Jean-Claude Killy a remporté les trois épreuves alpines : la DESCENTE, le slalom géant et le slalom.
Couleurs, bosses et sécurité
En Europe, les pistes sont signalées par des couleurs : bleu pour les faciles, rouge pour les plus difficiles et la piste NOIRE pour les plus raides, avec du vert pour les débutants en France. En Amérique du Nord, on trouve un cercle vert, un carré bleu ou un losange noir. Les BOSSES se forment quand beaucoup de skieurs tournent aux mêmes endroits et poussent la neige en monticules.
Les pisteurs réduisent le risque d'AVALANCHE en en déclenchant exprès de petites avec des explosifs, avant qu'une grosse chute de neige ne devienne dangereuse. Les LUNETTES protègent de l'ophtalmie des neiges, un douloureux coup de soleil de l'œil causé par la lumière renvoyée par la neige ; bien avant les verres en plastique, les peuples de l'Arctique taillaient des lunettes dans le bois ou l'os, avec de fines fentes pour voir, et notre page sur les animaux polaires présente les habitants du Grand Nord. Les plus beaux jours, ce sont la POUDREUSE fraîche, des skis qui savent GLISSER, des BÂTONS plantés au bon moment à chaque virage et, le soir, des BOTTES fourrées au chaud.