Un jeu joué avec des livres et des bouchons
Le tennis de table est né dans l'Angleterre victorienne comme un jeu d'après-dîner. On se servait d'une rangée de livres comme FILET, d'un bouchon de champagne ou d'une pelote de ficelle comme BALLE, et parfois de couvercles de boîtes à cigares comme raquettes. Le jeu s'appelait wiff-waff ou gossima. En 1901, une entreprise londonienne, J. Jaques and Son, a déposé le nom de ping-pong, d'après le bruit de la balle sur la TABLE, et en a vendu les droits américains à Parker Brothers, les fabricants du Monopoly.
Le jeu a changé quand sont arrivées d'Amérique, vers 1900, des balles légères et creuses en CELLULOÏD : elles rebondissaient correctement et ont rendu possibles de vrais échanges.
La raquette en mousse et la guerre des effets
Les premières raquettes étaient en bois nu ou couvertes d'une fine feuille de caoutchouc hérissée de PICOTS, de petits boutons de caoutchouc. Aux championnats du monde de 1952, à Bombay, un joueur japonais, Hiroji Satoh, a gagné avec une raquette couverte d'une épaisse mousse. Elle était presque silencieuse et faisait partir la balle à des vitesses étranges, et ses adversaires n'y comprenaient rien. Des règles ont suivi pour limiter l'épaisseur du REVÊTEMENT.
Les revêtements modernes accrochent si bien la balle que l'EFFET est au cœur du jeu. Le TOPSPIN fait plonger la balle et la fait gicler vers l'avant après le REBOND ; l'effet RÉTRO la fait flotter puis freiner. La BOUCLE est un grand coup lifté, et le COUPÉ un coup défensif qui donne un fort effet rétro depuis loin de la table. Les joueurs asiatiques utilisent souvent la prise porte-plume, en tenant la PALETTE comme un stylo.
La diplomatie du ping-pong
En 1971, aux championnats du monde au Japon, un joueur américain, Glenn Cowan, a raté le bus de son équipe et est monté dans celui de l'équipe chinoise. La Chine et les États-Unis n'avaient plus eu de contact officiel depuis plus de vingt ans. La vedette chinoise Zhuang Zedong lui a serré la main et lui a offert une peinture sur soie, et les photos du moment ont fait le tour du monde.
Quelques jours plus tard, l'équipe américaine était invitée en Chine, le premier groupe américain accueilli là-bas depuis des décennies, et l'année suivante, le président Richard Nixon s'est rendu à Pékin. Une simple partie de ping-pong avait aidé à dégeler les relations entre deux pays.
Des règles pensées pour la télévision
Après les Jeux de 2000, la balle a été agrandie, de 38 à 40 millimètres de diamètre, pour la ralentir et permettre aux téléspectateurs de suivre l'ÉCHANGE. En 2001, les manches sont passées de 21 à 11 points, et à 10 partout, il faut gagner avec deux points d'écart. Pour un SERVICE régulier, la balle doit reposer sur la paume ouverte et être lancée à au moins seize centimètres de haut, pour que le serveur ne puisse pas cacher d'effet dans ses doigts.
Une balle qui touche l'ARÊTE de la table compte, mais pas une qui frappe le côté. Les joueurs passent du coup droit au revers en une fraction de seconde : face à une CHANDELLE, on smashe, et près du filet, une POUSSETTE ou un BLOC suffisent parfois, surtout joués à contre-pied. Le tennis de table est entré aux Jeux à Séoul en 1988, et la Chine a remporté depuis la grande majorité des médailles d'or.
Des frères qui ont fait vibrer la France
En France, le tennis de table a vécu un grand moment aux Jeux de Paris, en 2024 : les frères Félix et Alexis Lebrun ont rempli les salles, et Félix, dix-sept ans, a décroché la médaille de bronze en simple. Notre page sur le tennis présente le grand cousin du ping-pong, né du jeu de paume.