Pourquoi le pop-corn éclate
Chaque grain de maïs à éclater contient une minuscule goutte d'eau enfermée dans une peau dure et étanche. Chauffée vers 180 °C, l'eau se transforme en vapeur, la pression monte, et la peau éclate, changeant l'amidon tendre de l'intérieur en une mousse blanche qui fige aussitôt. On fait éclater du maïs depuis des milliers d'années : des épis de maïs à éclater vieux d'environ 6 700 ans ont été retrouvés au Pérou.
Le POPCORN n'est arrivé dans les cinémas que dans les années 1930. Pendant la Grande Dépression, c'était l'une des rares gâteries que les gens pouvaient s'offrir, et les vendeurs de rue faisaient de si bonnes affaires devant les salles que les cinémas se sont mis à en vendre eux-mêmes. En 1945, un ingénieur américain, Percy Spencer, a remarqué qu'une barre de CHOCOLAT avait fondu dans sa poche alors qu'il se tenait près d'un appareil radar. L'une des premières choses qu'il a testées ensuite était un sachet de grains de maïs, qui ont éclaté, et le four à micro-ondes était en route, comme le raconte notre page sur les inventions.
Les chips sont plus anciennes que leur légende
Selon une histoire répandue, les CHIPS auraient été inventées en 1853 dans un hôtel de Saratoga Springs, dans l'État de New York, par un chef nommé George Crum, qui aurait coupé des pommes de terre en tranches très fines pour agacer un client qui trouvait ses frites trop épaisses. Personne n'en a trouvé la moindre preuve, et une recette de pommes de terre frites en fins copeaux figurait déjà dans un livre de cuisine anglais en 1817.
En 1920, l'entreprise Smith's, à Londres, a commencé à vendre des chips avec un petit sachet de sel en papier bleu glissé dans le paquet, pour que les clients les salent eux-mêmes. Les chips aromatisées sont venues bien plus tard : en 1954, Joe Murphy, patron de l'entreprise Tayto en Irlande, a trouvé comment ajouter un arôme pendant la fabrication, et les chips fromage-oignon étaient nées. En France, les chips, les OLIVES et les petits biscuits salés sont les rois de l'apéritif, ce moment qui précède le dîner.
Autour du placard à grignotage
Le BRETZEL vient du sud de l'Allemagne et de l'Alsace, où il sert depuis des siècles d'enseigne aux boulangers, et l'on dit souvent que ses boucles ont été façonnées par des moines pour imiter des bras croisés en prière, même si l'histoire est difficile à prouver. Les CRACKERS sont nés des biscuits de mer, durs, secs et capables de tenir des mois à bord des navires.
Les cacahuètes ne sont pas vraiment des NOIX mais des légumineuses, comme les pois et les haricots, et elles poussent sous terre. Les noix de cajou poussent à l'extérieur d'un fruit, dans une coque qui contient une huile qui brûle la peau : on les vend donc toujours décortiquées et cuites. Les olives sont trop amères pour être mangées telles quelles et doivent tremper des semaines dans de la saumure ou de l'eau. Le HOUMOUS est le mot arabe pour pois chiche.
Le bœuf SÉCHÉ, le jerky des Américains, doit son nom anglais à charqui, un mot du quechua, la langue des Incas, qui désignait une viande séchée capable de tenir des mois dans l'air froid et sec des montagnes. Les RAISINS secs sont des grains de raisin séchés au soleil jusqu'à perdre presque toute leur eau — en français, le raisin désigne d'ailleurs le fruit frais. Le MÉLANGE du randonneur, une poignée de noix, de raisins secs et de chocolat, s'emporte en promenade, et la PITA gonfle dans un four brûlant quand la vapeur soulève le dessus, laissant une poche à garnir d'une TREMPETTE. La GAUFRETTE, le BISCUIT, le COOKIE, le MUFFIN, le BROWNIE, le GRANOLA, le YAOURT, le FRUIT et les AMANDES complètent le placard.